Comprendre le style de survie « Confiance »

Comme mentionné précédemment, Larry Heller, fondateur du NeuroAffective Relational Model (NARM®), a identifié cinq styles de survie adaptatifs qui se développent en réponse aux traumatismes relationnels précoces :

  • Connexion

  • Accordage (Attunement)

  • Confiance

  • Autonomie

  • Amour–Sexualité

Chaque style de survie porte le nom d’un besoin développemental fondamental qui a été perturbé, ainsi que de la capacité centrale qui en a été affectée.

Explorons ici le style de survie Confiance.


Le style de survie « Confiance »

Les personnes organisées autour de ce style éprouvent souvent une difficulté profonde à dépendre des autres.
Un sentiment intérieur persistant les amène à croire qu’elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Le contrôle devient alors un principe structurant.

Cette adaptation émerge fréquemment dans des environnements où les figures d’attachement ont été intrusives, manipulatrices, abusives ou imprévisibles. L’enfant a pu être utilisé — consciemment ou non — pour répondre aux besoins émotionnels ou psychologiques de l’adulte.

Par exemple :

  • Un enfant récompensé pour prendre parti dans un conflit parental.

  • Un enfant valorisé pour sa performance, sa force ou son « excellence ».

  • Un enfant encouragé à être « spécial » plutôt qu’authentique.

Ces expériences génèrent une confusion intérieure :
se sentir valorisé tout en se sentant instrumentalisé.


Forces adaptatives et mécanismes défensifs

Le style Confiance s’organise souvent autour de la compétence, de la force et de l’autosuffisance. Il peut exister un besoin marqué d’apparaître capable, supérieur ou inébranlable.

Certaines personnes peuvent adopter une posture de séduction ou de charisme pour maintenir le contrôle. D’autres expriment davantage une dominance ou une rigidité. À l’extrême, certains traits peuvent évoquer des dynamiques narcissiques ou antisociales.

Dans l’approche NARM®, ces manifestations ne sont pas considérées comme des défauts de personnalité, mais comme des stratégies adaptatives développées pour survivre à une insécurité relationnelle profonde.

Derrière l’apparente puissance se trouve souvent une grande difficulté avec la vulnérabilité et la dépendance.


Dans la relation thérapeutique

Les personnes organisées autour de ce style peuvent :

  • Tester ou confronter le thérapeute

  • Avoir du mal à demander de l’aide

  • Résister à l’expérience de la vulnérabilité

Dans la perspective NARM®, la confrontation n’est pas une résistance : c’est une protection.

Le travail thérapeutique vise à :

  • Augmenter progressivement la tolérance à la vulnérabilité

  • Soutenir l’accès aux émotions authentiques

  • Développer la capacité de régulation mutuelle

  • Restaurer un sentiment de sécurité relationnelle

Il ne s’agit pas de déconstruire la structure adaptative, mais d’en reconnaître la fonction de survie — et d’explorer si elle est encore nécessaire aujourd’hui.


Derrière l’adaptation

Au cœur de ce style se trouve souvent un enfant ayant vécu une forme de trahison ou d’exploitation relationnelle.

L’identité construite — forte, indépendante, invulnérable — était nécessaire.
Mais elle a parfois été acquise au prix de la confiance, de l’intimité et de l’authenticité.

Guérir ne signifie pas perdre sa force.
Cela signifie intégrer la force et la vulnérabilité.


Karima Reisinger
28 février 2018 – Révisé

Source :
Healing Developmental Trauma
Heller, L., & LaPierre, A. (2012). Healing Developmental Trauma: Comment les traumatismes précoces affectent l’autorégulation, l’image de soi et la capacité relationnelle. North Atlantic Books.