Une perspective NARM®
Dans le NeuroAffective Relational Model (NARM®), le style de survie Connexion se développe lorsque le besoin précoce de lien affectif n’est pas rencontré de manière suffisamment fiable.
La connexion est le besoin développemental le plus fondamental. À la naissance, notre survie dépend entièrement du lien relationnel. Lorsque ce lien est incohérent, indisponible, intrusif ou insécurisant, le système nerveux s’adapte pour préserver l’attachement — même si cela implique de sacrifier une part d’authenticité.
Cette adaptation est intelligente.
Elle permet la survie.
Mais elle peut, à long terme, structurer l’identité de manière limitante.
Le thème central : « Si je reste connecté(e), je survivrai »
Au cœur du style Connexion se trouve un dilemme profond :
Comment maintenir le lien si mon moi authentique n’est pas pleinement accueilli ?
Dans ce contexte, l’enfant peut apprendre à :
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Supprimer ses propres besoins
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S’ajuster rapidement aux attentes des autres
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Se sur-accorder aux états émotionnels des figures d’attachement
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Se déconnecter de ses propres élans
À l’âge adulte, cela peut se manifester par :
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Une peur intense de l’abandon
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Une dépendance relationnelle
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Une anxiété marquée lors des séparations
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Une difficulté à identifier ses propres désirs
Derrière ces manifestations, il n’y a pas de faiblesse, mais un système nerveux qui s’est organisé autour de la préservation du lien.
Identité et expérience de soi
Dans l’approche NARM®, les styles de survie deviennent des structures identitaires.
Pour le style Connexion, certaines croyances peuvent s’installer :
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« J’ai besoin des autres pour aller bien. »
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« Si je déçois, je perds l’amour. »
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« Mes besoins sont excessifs. »
Il peut exister un sentiment diffus de vide ou de perte de repères en dehors de la relation.
Paradoxalement, l’intimité peut être à la fois vitale et insécurisante.
La peur de l’abandon peut coexister avec la peur d’être envahi(e).
Organisation du système nerveux
Sur le plan neurophysiologique, ce style peut s’accompagner de :
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Une hypersensibilité relationnelle
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Une hyperactivation lorsque le lien semble menacé
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Un effondrement ou un retrait lors d’une séparation perçue
Le corps peut osciller entre anxiété et impuissance.
Il est essentiel de rappeler que ces états ne sont pas des défauts de personnalité, mais des adaptations du système nerveux face à un stress relationnel précoce.
Dans la relation thérapeutique
Les personnes organisées autour du style Connexion peuvent :
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Rechercher de la reassurance
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Craindre de décevoir le thérapeute
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Avoir des difficultés avec les limites
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Vivre des transferts relationnels intenses
Le travail en NARM ne vise pas à « corriger » une dépendance, mais à renforcer l’organisation interne et la capacité à rester connecté(e) à soi tout en étant en relation.
Le processus thérapeutique soutient :
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La différenciation
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La tolérance à la séparation
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L’accès aux désirs personnels
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Le développement d’une stabilité interne
La guérison survient lorsque la connexion ne nécessite plus l’abandon de soi.
Derrière l’adaptation
Au cœur de ce style se trouve souvent un enfant ayant appris :
Le lien nécessite l’ajustement.
L’amour implique le sacrifice.
La guérison ne consiste pas à devenir indépendant(e) à tout prix.
Elle consiste à développer la capacité de rester en lien — sans se perdre.
Karima Reisinger, 2018 (revised)
Emotion Institute
Sources :
Healing Developmental Trauma
The Practical Guide for Healing Developmental Trauma
